L’Eucharistie

Qu’est-ce que l’Eucharistie ?

" L’Eucharistie est " source et sommet de toute la vie chrétienne," car la sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l’Eglise, c’est-à-dire le Christ lui-même, notre Pâque.

" Puis, prenant du pain et rendant grâces, Il le rompit et le leur donna en disant : " Ceci est mon corps, qui va être donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi." Il fit de même pour la coupe après le repas disant : " Cette coupe est la Nouvelle Alliance en mon Sang, qui va être versé pour vous ". (Lc 22,19-20)

" Notre Sauveur, à la dernière Cène, la nuit où Il était livré, institua le sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang pour perpétuer le sacrifice de la Croix au long des siècles, jusqu’à ce qu’Il vienne, et pour confier à l’Eglise, son Epouse bien-aimée, le mémorial de sa mort et de sa résurrection : sacrement de l’amour, signe de l’unité, lien de la charité, banquet Pascal dans lequel le Christ est reçu en nourriture, l’âme est comblée de grâce et le gage de la gloire future nous est donné. " (SC47 Vatican II)

L’Eucharistie est le résumé et la somme de notre foi :

" Notre manière de penser s’accorde avec l’Eucharistie, et l’Eucharistie en retour confirme notre manière de penser. "
(St Irénée)

Par la célébration eucharistique nous nous unissons déjà à la liturgie du ciel et nous anticipons la vie éternelle, quand Dieu sera tout en tous.

Pendant l’Eucharistie, quand nous nous approchons pour recevoir la Sainte Communion, nous recevons en partage le Christ et avec Lui tous nos frères, nous devenons alors ce que nous sommes par notre Baptême : le Corps du Christ.

" Si vous êtes le Corps du Christ et ses membres, c’est votre sacrement qui est placé sur la table du Seigneur, vous recevez votre sacrement. Vous répondez " Amen " (« Oui, c’est vrai ! ") à ce que vous recevez, et vous y souscrivez en répondant. Tu entends ce mot : " Le Corps du Christ " et tu réponds : "Amen " Sois donc un membre du Christ pour que soit vrai ton Amen." (St Augustin)

Ce sacrement est appelé « Eucharistie » parce qu’il est action de grâces à Dieu. Les mots eucharistein (Lc 22, 19 ; 1 Co 11, 24) et eulogein (Mt 26, 26 ; Mc 14, 22) rappellent les bénédictions juives qui proclament - surtout pendant le repas - les œuvres de Dieu : la création, la rédemption et la sanctification.
On l’appelle aussi : repas du Seigneur, fraction du pain, assemblée eucharistique, mémorial, Saint Sacrifice, Sainte et divine liturgie, Saints mystères, Très Saint Sacrement, Communion, Sainte Messe.

« Lorsque l’on offre des sacrifices, on accomplit l’ordre que notre Seigneur nous a donné, selon ce que dit saint Paul : Le Seigneur Jésus, la nuit même où il fut livré, prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit et dit : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance établie par mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.

Ce sacrifice est donc offert pour que la mort du Seigneur soit annoncée, et pour que l’on fasse mémoire de lui, qui a donné sa vie pour nous. Lui-même l’a dit : Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.
Puisque le Christ est mort pour nous par amour, lorsque nous faisons mémoire de sa mort au moment du sacrifice, nous demandons que l’amour nous soit accordé par la venue du Saint-Esprit ; nous prions humblement qu’en vertu de cet amour, par lequel le Christ a voulu mourir pour nous, nous aussi, en recevant la grâce du Saint Esprit, nous puissions considérer le monde comme crucifié pour nous, et être nous-mêmes crucifiés pour le monde.
Nous imitons la mort du Seigneur : De même que le Christ est mort au péché une fois pour toutes ; et lui qui est vivant, c’est pour Dieu qu’il est vivant, de même nous aussi, devons mener une vie nouvelle. Ayant reçu le don de l’amour, mourons au péché et vivons pour Dieu.

« L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. » Car justement, la participation au corps et au sang du Seigneur, lorsque nous mangeons son pain et buvons à sa coupe, c’est cela qui nous invite à mourir au monde en ayant notre vie cachée avec le Christ en Dieu, et à crucifier notre chair avec ses passions et ses convoitises.
C’est ainsi que tous les fidèles qui aiment Dieu et le prochain, même s’ils ne boivent pas à la coupe de la passion corporelle, boivent cependant à la coupe de l’amour du Seigneur. Une fois enivrés par elle, ils doivent faire mourir en eux ce qui appartient encore à la terre ; eux qui ont revêtu Jésus Christ, qu’ils ne s’abandonnent pas aux désirs de la chair, qu’ils ne regardent pas ce qui se voit, mais ce qui ne se voit pas.
C’est ainsi que l’on boit à la coupe du Seigneur lorsque l’on observe la sainte charité ; sans elle on pourrait se faire brûler vif, sans que cela serve à rien. Le don de la charité nous apporte ceci : que nous soyons réellement ce que, dans le sacrifice, nous célébrons sacramentellement. »
(Saint Fulgence de Ruspe)

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Extraits de l’Encyclique du Pape Jean Paul II : « L’Eglise vit de l’Eucharistie »

« Ils se montraient assidus à l’enseignement des Apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières.
La multitude des croyants n’avait qu’un seul cœur et qu’une âme. Nul ne disait sien ce qui lui appartenait, mais entre eux tout était commun.
Avec beaucoup de puissance, les Apôtres rendaient témoignage à la résurrection du Seigneur Jésus, et ils jouissaient tous d’une grande faveur. »
Actes des Apôtres (2, 42 ; 4, 32-33 )

L’Eucharistie est évoquée dans la « fraction du pain ». Deux mille ans plus tard, nous continuons à réaliser cette image primitive de l’Église. Et tandis que nous le faisons dans la célébration de l’Eucharistie, les yeux de l’âme se reportent au Triduum pascal, à ce qui se passa le soir du Jeudi saint, pendant la dernière Cène, et après elle. En effet, l’institution de l’Eucharistie anticipait sacramentellement les événements qui devaient se réaliser peu après, à partir de l’agonie à Gethsémani.
Contempler le Christ exige que l’on sache le reconnaître partout où il se manifeste, dans la multiplicité de ses modes de présence, mais surtout dans le Sacrement vivant de son corps et de son sang. L’Église vit du Christ eucharistique, par lui elle est nourrie, par lui elle est illuminée. L’Eucharistie est un mystère de foi, et en même temps un « mystère lumineux ». Chaque fois que l’Église la célèbre, les fidèles peuvent en quelque sorte revivre l’expérience des deux disciples d’Emmaüs :

« Leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent »
(Lc 24, 31).

« Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie, à la table du Seigneur, alléluia ! » (Liturgie, Psaume 22)

L ’Église vit de l’Eucharistie… Depuis que, à la Pentecôte, l’Église, peuple de la Nouvelle Alliance, a commencé son pèlerinage vers la patrie céleste, le divin Sacrement a continué à marquer ses journées, les remplissant d’espérance confiante.
« La très sainte Eucharistie contient en effet l’ensemble des biens spirituels de l’Église, à savoir le Christ lui-même, notre Pâque, le pain vivant, qui par sa chair, vivifiée par l’Esprit Saint et vivifiante, procure la vie aux hommes » C’est pourquoi l’Église a le regard constamment fixé sur son Seigneur, présent dans le Sacrement de l’autel, dans lequel elle découvre la pleine manifestation de son immense amour.
….Même lorsqu’elle est célébrée sur un petit autel d’une église de campagne, l’Eucharistie est toujours célébrée, en un sens, sur l’autel du monde. Elle est un lien entre le ciel et la terre. Elle englobe et elle imprègne toute la création. Le Fils de Dieu s’est fait homme pour restituer toute la création, dans un acte suprême de louange, à Celui qui l’a tirée du néant. C’est ainsi que lui, le prêtre souverain et éternel, entrant grâce au sang de sa Croix dans le sanctuaire éternel, restitue toute la création rachetée au Créateur et Père. Il le fait par le ministère sacerdotal de l’Église, à la gloire de la Trinité sainte. C’est vraiment là le mysterium fidei qui se réalise dans l’Eucharistie : le monde, sorti des mains de Dieu créateur, retourne à lui après avoir été racheté par le Christ.

« Le Seigneur est tendresse et pitié : il a donné des vivres à ses fidèles. De ses merveilles, il a laissé un mémorial » (Liturgie)

L’Église a reçu l’Eucharistie du Christ son Seigneur non comme un don, pour précieux qu’il soit parmi bien d’autres, mais comme le don par excellence, car il est le don de lui-même, de sa personne dans sa sainte humanité, et de son œuvre de salut (…..)
Qu’est-ce que Jésus pouvait faire de plus pour nous ? Dans l’Eucharistie, il nous montre vraiment un amour qui va « jusqu’au bout » (cf. Jn 13, 1), un amour qui ne connaît pas de mesure.
L’efficacité salvifique du sacrifice se réalise en plénitude dans la communion, quand nous recevons le corps et le sang du Seigneur. Le Sacrifice eucharistique tend en soi à notre union intime, à nous fidèles, avec le Christ à travers la communion : nous le recevons lui-même, Lui qui s’est offert pour nous, nous recevons son corps, qu’il a livré pour nous sur la Croix, son sang, qu’il a « répandu pour la multitude, en rémission des péchés » (Mt 26, 28). Rappelons-nous ses paroles : « De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi » (Jn 6, 57). C’est Jésus lui-même qui nous rassure : une telle union, qu’il compare par analogie à celle de la vie trinitaire, se réalise vraiment. L’Eucharistie est un vrai banquet, dans lequel le Christ s’offre en nourriture.

« La gloire à venir nous est déjà donnée… »
« Tu as nourri ton peuple du pain des anges ; tu leur as envoyé le pain du ciel, alléluia ! » (Liturgie)

À travers la communion à son corps et à son sang, le Christ nous communique aussi son Esprit. Saint Éphrem écrit : « Il appela le pain son corps vivant, il le remplit de lui-même et de son Esprit. [...] Et celui qui le mange avec foi mange le Feu et l’Esprit [...]. Prenez-en, mangez-en tous, et mangez avec lui l’Esprit Saint. C’est vraiment mon corps et celui qui le mange vivra éternellement ».
L’Eucharistie est tension vers le terme, avant- goût de la plénitude de joie promise par le Christ (cf. Jn 15, 11) ; elle est en un sens l’anticipation du Paradis, « gage de la gloire future ».Dans l’Eucharistie, tout exprime cette attente confiante : « Nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus Christ, notre Sauveur ».Celui qui se nourrit du Christ dans l’Eucharistie n’a pas besoin d’attendre l’au-delà pour recevoir la vie éternelle : il la possède déjà sur terre, comme prémices de la plénitude à venir, qui concernera l’homme dans sa totalité. ».
La tension eschatologique suscitée dans l’Eucharistie exprime et affermit la communion avec l’Église du ciel (….) : en célébrant le sacrifice de l’Agneau, nous nous unissons à la liturgie céleste, nous associant à la multitude immense qui s’écrie :

« Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône, et par l’Agneau ! » (Ap 7, 10).


L’Eucharistie est vraiment un coin du ciel qui s’ouvre sur la terre ! C’est un rayon de la gloire de la Jérusalem céleste, qui traverse les nuages de notre histoire et qui illumine notre chemin.

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