4 étapes pour découvrir la basilique

1re étape : au pied de la Butte Montmartre (Métro Anvers)

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La Basilique du Sacré Cœur est située au sommet de la colline de Montmartre, sur la rive droite de la Seine.
Pour accéder à la Basilique, il faut gravir 270 marches, du haut desquelles s’offre à nous un magnifique panorama sur toute la ville de Paris ; on aperçoit notamment Notre Dame, la Tour Eiffel, le Panthéon, l’Opéra ou encore la Tour Montparnasse, le Centre Georges Pompidou... C’est là qu’au début du IIIe siècle, les premiers chrétiens de Paris avec leur évêque Saint Denis, le prêtre Saint Rustique et le diacre St Eleuthère, versèrent leur sang pour leur foi, donnant ainsi à cette colline son nom actuel de « Mont des Martyrs ».

Tout au long des siècles, Montmartre est demeuré un haut lieu de prière. En effet, jusqu’à la Révolution française, une grande abbaye bénédictine y constitua pendant près de sept siècles un foyer intense de vie spirituelle. En tout temps, les pèlerins venus parfois de très loin, ont afflué à Montmartre.

  • Interview Père Laverton :
    • Question : Pouvez-vous présenter quelques-unes de ces personnalités religieuses attirées par Montmartre ?
    • Père Laverton : En ce lieu des martyrs des premiers chrétiens, auprès de cette importante abbaye, de grandes figures se sont en effet succédées pendant des siècles. De nombreux rois de France mais aussi de très grands saints : Saint Bernard et Saint Thomas d’Aquin, ou encore Sainte Jeanne d’Arc, qui y est venue se recueillir pendant le Siège de Paris, Saint Vincent de Paul, qui fonda les Filles de la Charité pour le service des plus pauvres dans la Capitale ou encore Saint Ignace de Loyola, qui le 15 août 1534 avec Saint François Xavier et quelques-uns de leurs compagnons, y fit le vœu de la création de la Compagnie de Jésus… Plus proche de nous, au moment de la construction de la Basilique, une jeune normande, Thérèse Martin, y est venue en pèlerinage le 6 novembre 1887, avec son père Louis et sa sœur Céline, alors qu’elle se rendait à Rome pour demander au Pape Léon XIII la permission d’entrer au Carmel à 15ans… Elle deviendra la grande sainte que l’on connait aujourd’hui dans le monde entier sous le nom de « Sainte Thérèse de Lisieux ». Aujourd’hui, la Basilique est un lieu de vie permanent. Un incontournable dans un parcours touristique ou spirituel à Paris. 11,5 Millions de visiteurs s’y succèdent chaque année. Mais peu d’entre eux connaissent ce qui fait le secret de ce lieu… Poursuivons notre parcours de pèlerinage, afin de le découvrir…

2e étape : devant le parvis de la Basilique

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Sur la façade de la Basilique, dans la niche centrale, le Christ nous accueille, en bénissant la ville d’une main, et, de l’autre, en montrant son cœur.
Le nom de « Sacré Cœur » désigne le Cœur de Jésus, qui pour les chrétiens, est le Fils de Dieu fait Homme. C’est à dire que dans le cœur humain de Jésus, les chrétiens contemplent l’amour infini du cœur de Dieu. Tout au long de sa vie, Jésus n’a cessé de révéler cet amour de Dieu pour les hommes, jusqu’à laisser percer son cœur sur la Croix. Ce signe du cœur ouvert, par lequel il se fit reconnaître par ses disciples, après la Résurrection, est omniprésent dans les sculptures, vitraux, statues, bas-reliefs et mosaïques de la Basilique. Il manifeste l’amour de Dieu donné à chacun sans mesure, et nous appelle à notre tour, en entrant dans la Basilique, à ouvrir notre cœur pour accueillir cet amour.

La construction de la Basilique est la réalisation d’un vœu prononcé par l’Assemblée Nationale française après la défaite militaire de 1870. A l’origine de ce vœu, deux jeunes pères de familles, Alexandre Legentil et Hubert Rohault de Fleury, proches de Frédéric Ozanam et des conférences de Saint Vincent de Paul. Dans ces temps troublés, ils projetèrent d’offrir au Sacré-Cœur de Jésus une église qui lui serait consacrée, en signe de renouvellement spirituel, d’espérance et de confiance.
Sous la grande mosaïque du chœur (une des plus grandes du monde, 475 m², de Merson et Magne, qui nous présente le Christ les bras grands ouverts), un ruban de mosaïque rappelle ce vœu : « Au sacré Cœur de Jésus, la France fervente, pénitente et reconnaissante »

  • Interview Père Laverton :
    • Question : Pouvez-vous nous dire quelques mots sur l’architecture de la Basilique ?
    • Père Laverton : Après le vote de l’Assemblée Nationale en 1873 proclamant d’« utilité publique la construction d’une église consacrée au Sacré-Cœur sur la Butte Montmartre », c’est le célèbre architecte Paul Abadie qui remporta le 28 juillet 1874 le concours sur les 78 projets déposés et exposés aux Champs-Elysées dans les salles du Palais de l’industrie. La construction de l’édifice a été permise par une souscription nationale, un immense élan de générosité qui traversa toute la France et au-delà, et dont nous retrouvons le témoignage par les nombreuses pierres gravées dans la Basilique. Les pierres extérieures, appelées « Château-Landon », proviennent de la carrière de Souppes en Seine et Marne et ont la propriété particulière d’êtres très dures, d’avoir un grain très fin et de blanchir au contact de l’eau de pluie. Elles ont été utilisées pour la construction de l’arc de Triomphe de l’Etoile. Cette blancheur évoque le Sacrement de l’Eucharistie, qui est la vie profonde de la Basilique.

3e étape : à l’entrée du Dôme et de la Crypte

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L’accès au Dôme et à la crypte se fait par le côté extérieur de la Basilique. En passant devant la porte de bronze en contrebas sur votre droite, vous pouvez apercevoir la première pierre, posée le 16 juin 1875 par le Cardinal Guibert.

  • Interview Père Laverton :
    • Question : Il paraît que la Basilique est construite sur pilotis ?
    • Père Laverton : En effet. Des difficultés de la construction apparurent très tôt. Le sol creusé de carrières se révèle impropre à supporter l’édifice, et l’on a dû construire, pour retrouver la roche, 83 piliers de 33m de profondeur. Ainsi, les travaux de construction durèrent plus de 40ans… Retardée par la première guerre mondiale, la consécration de la Basilique par le Légat du Pape n’aura lieu que le 16 octobre 1919.

A la Crypte, on peut voir : dans la Chapelle de la Piéta, les tombeaux des Cardinaux Guibert et Richard ainsi qu’un monument à la mémoire du Cardinal Amette, une urne contenant le cœur de l’initiateur du Vœu National, M. Legentil, des reliques des martyrs, un monument à la mémoire des prêtres, religieux et séminaristes morts durant les deux guerres mondiales.

En faisant le tour du déambulatoire, vous parviendrez par quelques marches à l’Autel Saint Pierre, dominé par une statue du Sacré Cœur, les bras ouverts, tel que le Bienheureux Charles de Foucauld le dessina dans sa chapelle de Beni Abbès en Algérie. C’est ici que Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et son père, Saint Louis Martin, ont participé à la Messe de départ du pèlerinage pour Rome et se sont consacrés au Sacré Cœur en 1887. Au retour de ce pèlerinage, Sainte Thérèse enverra son bracelet en or pour la confection du grand ostensoir des fêtes de la Basilique.

A 83m de hauteur, après avoir gravi 300 marches, vous pouvez apercevoir depuis le dôme le Campanile qui abrite la célèbre « Savoyarde », une des plus grosses cloches du monde : elle pèse 19 tonnes, sa tonalité est celle du contre Ut grave, elle a été offerte par la Savoie, baptisée par le Cardinal Richard le 20 Novembre 1895.
La Savoyarde annonce la Messe de 11h et les Vêpres de 16h chaque dimanche et jours de fête.

  • Interview Père Laverton :
    • Question : De très loin, on entend la Savoyarde ! Et le Dôme de la Basilique s’aperçoit de partout, aussi bien des aéroports d’Orly ou de Roissy, des gares Saint Lazare, du Nord ou de l’Est, et depuis de nombreuses rues de Paris…
    • Père Laverton : Et au sommet du Dôme, la lanterne de la Basilique est allumée toutes les nuits. Elle signifie qu’il y a toujours quelqu’un qui prie dans ce sanctuaire. Elle brille comme un phare pour donner espérance, force et courage à tous ceux qui la voient. Nombreux sont ceux qui, en regardant ce signe, nous disent être en communion.

4e étape : « Au pied de la Basilique » (devant la Sortie)

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Regardez ! Au-dessus de la porte de droite, un personnage à l’oreille immense vous observe…
Il nous prépare à entrer dans le sanctuaire, qui est un lieu de silence, de prière, de recueillement.
La Basilique du Sacré Cœur est entièrement conçue comme un écrin pour présenter au monde le Corps du Christ, dans le Sacrement de l’Eucharistie, l’Hostie consacrée.
En entrant, notre regard est attiré par la grande mosaïque du Chœur, au-dessus du Maître-autel. Celui-ci est surmonté d’un Ciborium où se trouve, exposée dans l’Ostensoir, une grande hostie blanche consacrée par le prêtre au cours de la Messe, présence réelle du Christ parmi nous, le Seigneur Jésus mort et ressuscité.

Dans la nef, des hommes et femmes se relaient jour et nuit sans interruption depuis le 1er août 1885 dans une prière silencieuse d’Adoration, pour l’Eglise, pour le monde et pour la paix. Ceci fait du Sacré Cœur un lieu de vie et de foi au quotidien.

  • Interview Père Laverton :
    • Question : A quoi sert cette prière ?
    • Père Laverton : Du haut de la Basilique, lorsque les portes sont ouvertes sur la grande ville, le Corps Sacré du Christ, livré, donné dans cet amour dont il n’y a pas de plus grand, est là, exposé, donné à tous sans réserve, offert, pour nous appeler en ce lieu où, dans le dialogue intérieur de la prière, il demande notre présence à sa présence, pour établir en nous sa vie. Dans la prière d’Adoration continue, c’est le monde entier qui est porté devant Dieu par les priants.
  • Question : D’ailleurs, dans la Basilique, on voit une plaque avec un discours de Jean Paul II où il parle de cette vocation de la Basilique.
  • Père Laverton : Oui, le Saint Pape Jean Paul II avait tenu à venir à Montmartre après la veillée avec les jeunes au Parc des Princes lors de son premier voyage à Paris, le 1er juin 1980, pour participer à cette grande chaîne ininterrompue de prière. En repartant, il avait confié : « Je vous confesse que cette visite est un instant privilégié pour moi et pour toute ma vie ». Déjà, Saint Jean XXIII, lorsqu’il était nonce à Paris entre 1944 et 1953, aimait à venir célébrer la Messe pour la paix chaque 31 décembre au soir.
    • Question : Vous avez parlé d’une prière de jour et de nuit ? Mais la Basilique est fermée entre 22h30 et 6h du matin ?
    • Père Laverton : En effet ! Tous les soirs, après la Messe de 22h, les portes se referment… Mais à l’intérieur, la prière continue ! Des personnes du monde entier participent à l’Adoration de nuit. Elles reçoivent un lieu pour dormir dans la Maison d’Accueil de la Basilique. Tout le monde peut venir. Il suffit de s’inscrire par avance par téléphone ou sur internet.

A l’entrée de la Basilique, vous verrez le vitrail du Bienheureux Charles de Foucauld qui aimait particulièrement prier ici dans le silence de la nuit.

Le jour, la prière continue est rythmée par la célébration des Messes et par les chants des psaumes, aux grandes heures de la journée, par les Sœurs Bénédictines du Sacré Cœur de Montmartre. Le dimanche et jours de fêtes, ces offices liturgiques sont accompagnés par le grand Orgue, construit en 1898 et considéré comme l’un des plus remarquables d’Europe, c’est le dernier instrument du grand facteur Aristide Cavaillé-Coll.