Extrait de l’homélie de Monseigneur Eric de MOULINS-BEAUFORT
à la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, pour la messe des Interscouts le vendredi 17 octobre 2008

 

 

L’Evangile de ce jour (Luc 12, 1-7) nous invite à nous méfier à cause du levain des Pharisiens, c’est-à-dire de leur hypocrisie. Il ne faut pas faire un contre-sens : il ne s’agit pas tant pour Jésus de dénoncer les Pharisiens, que de dénoncer ce qu’il peut y avoir des Pharisiens dans le cœur de ses disciples à lui. Car le levain est ce peu de chose, cette petite quantité, qui peut faire lever la pâte, ou, s’il est mal employé ou employé à mauvais escient, qui peut corrompre tout un met. Nous devons toujours prendre garde qu’en notre cœur ne s’attarde pas quelque chose de ce levain des Pharisiens Alors que veut dire leur hypocrisie ? Ce n’est pas simplement qu’ils feraient un beau visage à des gens dont ils pensent du mal, et en particulier à Jésus, devant qui ils feraient bonne figure mais projettent de le tuer en secret, plus profondément et plus généralement, le levain des Pharisiens, leur hypocrisie, c’est leur manque d’espérance. Et c’est ce qui risque toujours d’habiter notre cœur et de le corrompre. C’est-à-dire que nous risquons toujours de laisser traîner dans notre cœur quelque soupçon sur Dieu, sur sa bonté, sur la puissance de sa bonté, sur sa volonté de nous sauver, de nous tirer du mal et de la mort, de nous arracher au péché et de nous ramener dans le grand mouvement de la vie, de la charité.

 

Voilà frères et sœurs ce que nous devons toujours examiner en nous, ce dont Jésus a voulu être le témoin par sa mort et sa résurrection. Dieu ne nous a pas créés pour la mort, Dieu ne nous a pas créés non plus pour nous laisser croupir dans notre péché, mais Dieu travaille sans cesse pour arracher nos cœurs à l’esclavage du péché, de façon à ce que nous puissions retrouver le chemin de la vie.

 

En célébrant le sacrifice du Christ et de l’Eglise, rendons grâce à Dieu pour son dessein, et demandons-lui de purifier notre cœur de tout levain mauvais, de tout doute sur sa bonté, que toujours nous nous souvenions qu’aux yeux de Dieu notre Père, nous valons plus « que tous les moineaux du monde ». Amen.

 

 

© Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre